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Mais oui, NOUS AVIONS ANNONCÉ CETTE "CRISE" dès 1987

Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT

Nombreux sont les banquiers, politiciens et journalistes qui ont dit que cette "Crise" nous avait pris par suprise, qu'il était impossible de la prévoir. Ils sont soit incompétents soit menteurs. Et nous en apportons la preuve. Depuis plus de 25 ans, les mises en garde très claires et très publiques furent nombreuses. Nous en citons trois ci-dessous, pour preuve:

(Extraits du livre "SORTIR de la CRISE par le HAUT" : pages 21 à 25, conversation entre Jean Solis et Louis Boël)

Jean Solis : Vous parlez de la crise comme d’une conséquence logique de notre système économique, or elle en a surpris beaucoup, n’est-ce pas ?

Louis Boël : Cette crise n’est pas nouvelle et n’était en rien une surprise ! Il est clair pour tout observateur non complice que, depuis plus de trente ans, le système en cours relève de l’exploitation pure et dure des ressources naturelles et de l’avidité des masses pour une consommation effrénée, que le marketing pousse bien au-delà de leurs besoins réels.

Les dérégulations financières, enracinées dans la dématérialisation de l’argent et dans la vente à crédit, ont permis une folle course à la croissance, inutile car insensée. « Insensée » au sens propre de « dépourvue de sens » puisque les richesses produites ne sont que virtuelles et effacées régulièrement par les dévaluations, les crises boursières ou les effondrements des pyramides spéculatrices, qu’elle soient immobilières ou du style pure arnaque, genre Madoff.

Depuis octobre 1987 et le krach du « Lundi noir » jusqu’aujourd’hui, la crise est toujours la même. Elle n’est pas accidentelle, elle n’est pas conjoncturelle, elle n’est même pas simplement structurelle : c’est la preuve d’une dégradation systémique essentielle de notre économie.

JS : Vous en parlez si simplement ; pouvez-vous nous expliquer en quelques mots ce que vous appelez une « une dégradation systémique » ?

LB : L’Économie devrait concerner, et même signifier la production de vraies richesses, de biens qui augmentent l’intensité de vie de l’être humain. Jamais ce même mot n’aurait dû en arriver à signifier « jouer » avec l’argent comme les joueurs le font au casino. Si je dis que le problème est « systémique », c’est parce que l’ensemble des acteurs qui se partagent les pouvoirs politique, économique et financier ont des avantages objectifs communs qui soutiennent automatiquement la stabilité du système et empêchent naturellement (sans aucune « conspiration » !) toute réforme. C’est un peu comme pour la coopération internationale au développement : le système est eurocentriste et inefficace, voire contre-productif, mais dites-moi qui va scier la branche sur laquelle il est assis et dont il nourrit son confort et la survie de ses enfants ?

JS : Tout cela est bien beau mais avez-vous vraiment vu arriver cette crise ?

LB : Mais bien sûr que oui ! Je l’ai même annoncée, et par écrit, dès le 27 octobre 1987, dans un grand quotidien belge ! Très nombreux sont les acteurs économiques, à la tête de petites et moyennes entreprises, qui savaient pertinemment bien que les règles d’une saine gestion économique étaient bafouées depuis très longtemps. Il n’est pas possible que les cadres des très grandes entreprises ne l’aient pas vu aussi. Mais sans un contrôle efficace par la communauté (État, éthique communautaire ) les pratiques glissent toujours vers la facilité et le profit immédiat.

JS : Et vous aviez expliqué les causes de cette crise ?

LB : Bien évidemment ! Cela sautait aux yeux de toute personne un peu réfléchie qui avait le recul, l’objectivité que donnent le voyage et le travail dans d’autres contextes sociaux et économiques. Dans cet article, j’écrivais clairement que si l’économie de production de biens réels ne redevenait pas strictement dissociée de la spéculation, et bien plus importante qu’elle en termes d’énergies humaines, nous allions dans le mur.

(…)

JS : Et votre article a-t-il fait écho ?

LB : Une poignée d’aimables personnes, qui l’avaient lu, m’ont exprimé leur appréciation. Dans son livre de 1994, Gouvernance et Pouvoir, Jean-Claude Willame, Ph.D. de l’Université de Californie (Berkeley), alors professeur de Sciences politiques à l’Université de Louvain (Belgique) a souligné la pertinence de ce texte dont il cite plusieurs phrases. (...)

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( extrait du livre "Gouvernance et Pouvoir", sous la plume du professeur Jean-Claude Willame, © L'Harmattan 1994)

[ ...] Dans ce grand bazar de « l’accumulation » et du « développement », une certaine expertise traditionnelle du développement paraît peu [ pertinente ] . N’est-elle d’ailleurs pas devancée par certains (trop rares encore) praticiens de l’économie, de la banque ou de l’industrie qui tirent les sonnettes d’alarme au nom d’une efficience et d’une éthique qui est aussi celle de leurs intérêts d’ailleurs ?

Il y a six ans déjà [ en 1987 ] Louis Boël, écrivait dans une «Carte blanche » du journal Le Soir qu’il fallait:

 « réapprendre une logique économique élémentaire (que sera le client de demain, que voudra-t-il, quel sera son pouvoir d’échange ?) » [...] « réapprendre la réalité de la production et de la concurrence. Je doute que cela soit possible sans organiser une grande réflexion sur les besoins et les contraintes de notre société post-industrielle.  [...]  N’est-il pas grand temps de nous rendre compte que celle-ci reste, à ce jour, non encore inventée ? Et que certainement, elle devra être, d’une façon ou d’une autre, productive et non purement financière [...]. Si nous ne produisons pas de richesses reconnues comme telles par des gens ayant généré leur propre pouvoir d’achat, à quoi riment les écritures financières ? [...]. La libre entreprise capitaliste c’est un risque calculé. Pas simplement un calcul risqué »

Le banquier Jean Peyrelevade de la Banque Stern [ à l'époque ] écrivait de son côté:

« Le monde est fou,  [...] Les mouvements financiers sont devenus sans commune mesure avec ceux des marchandises : le rapport est de cinquante à un. [...] Comment développer une industrie dans un environnement où les taux de change varient de plus ou moins 50 % en quelques mois ? A-t-on oublié dans notre société de casino que la première fonction de la monnaie est de faciliter les échanges commerciaux ? »

À peu près à la même époque, le chroniqueur économiste et financier du Monde, Paul Fabra, posait la question non encore élucidée aujourd’hui (1994) :

 « Les nations sont-elles prêtes à reconstituer un système monétaire dont les principaux utilisateurs seraient à nouveau les producteurs de biens et de services, et non pas les servants d’une infrastructure financière hypertrophiée ? »

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La preuve est claire. Nous pouvions tous le savoir. Mais personne ne veut couper la branche sur laquelle il est assis. On préfère se faire croire que cela va durer encore. Exactement comme dans les escroqueries "en pyramide" et dans les grandes spéculations catastrophiques de l'Histoire, dans lesquelles les souscriptions récentes ne font que payer les dividendes des plus anciennes. Les consommateurs n'ont plus n'ont pas réagi, ils ont continuer à vivre à crédit et à emprunter pour bâtir, et pourtant ils lisent les journaux... C'est pourquoi nous disons souvent que nous sommes tous responsables de cette situation.

Jean Peyrelevade , lui, n'a pas changé d'avis, en 2009 il confirmait:
Mais oui, NOUS AVIONS ANNONCÉ CETTE "CRISE" dès 1987

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