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LES FONDEMENTS DE CLASSE DE L'ACTUELLE "EUROPE"

15 Juin 2013 , Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT Publié dans #Francis Wurtz, #Reformes, #Europe

Je partage cette communication de Francis Wurtz, car c'est un belle et très complète analyse des réformes que nous devons exiger de et pour l'Europe. Je partage ce texte sur toutes nos présences sur internet: Page du Groupe Facebook "SORTIR de la CRISE par le HAUT", Blog "WWW.SORTIR de la CRISE ...", et aussi mon blog personnel sur WordPress et ma page Facebook personnelle. Le tout avec ce commentaire pour attirer l'attention sur la qualité de cette analyse de Francis Wurtz, député européen pendant trente ans (1979-2009) et communiste (!!). Pour de trop nombreux citoyens ce mot de "communiste" continue à mettre "un bémol" sur leur appréciation. Il est grand temps d'accepter les analyses des personnes compétentes de toutes tendances politiques, sans a priori ! Moi qui n'ai jamais eu aucune attache partisane et qui mets au-dessus de tout la libre-pensée, je pense que Francis est un des plus honnêtes, compétents et sincèrement humanistes parmi tous nos politiques. Lisez-le! Je ne comprends pas que son blog attire aussi peu de commentaires...et de soutiens !

(les soulignés en gras italique sont de moi, modestement par appréciation...)

ARTICLE DE FRANCIS WURTZ dans "L'HUMANITÉ DIMANCHE"

"Face à l’exaspération suscitée par les politiques, tout comme les pratiques, des dirigeants européens , la question est de plus en plus posée: comment nourrir une dynamique visant à "refonder l’Europe", autrement dit encourager les citoyens à contester les fondements de classe qui ont fait de l’Union européenne ce qu’elle est progressivement devenue. Cela suppose d’abord de désigner clairement les orientations et les structures avec lesquelles il faut absolument arriver à rompre.

Ainsi, il est essentiel de mettre en cause la mise en concurrence généralisée: "l’économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée". Nombre de règles ravageuses se rapportent à ce principe cardinal de l’ "Europe" actuelle: la "libre circulation" sans "entrave" (des biens,des services,des capitaux); l’obligation d’ouvrir les entreprises publiques de service public à la concurrence; le dumping social et fiscal; l’obsession de la "compétitivité" et du libre-échange…Refuser cette logique est nécessaire pour ouvrir la voie aux politiques coopératives sur le plan économique (coproductions,politique industrielle concertée ,réduction coordonnée des inégalités de développement …) et aux stratégies solidaires sur le plan social (sécurisation de l’emploi et de la formation pour chacune et chacun, priorité commune à la promotion des capacités humaines , salaire minimum adapté à chaque pays,harmonisation fiscale…)

Autre tendance lourde de l’ "Europe" actuelle à contrecarrer: la financiarisation galopante de l’économie, d’où découlent tant de plaies (austérité , précarité, chômage , asphyxie des services publics…) Refuser cette logique de soumission aux exigences des "investisseurs" sur le marché financier permet d’ aborder la question décisive des nouvelles missions à confier à la Banque centrale européenne (BCE) et d’un rôle radicalement nouveau pour l’euro; de demander la suppression du pacte de stabilité et la remise en cause du traité budgétaire comme des directives ou règlements qui s’y apparentent; d’ exiger une véritable chasse aux paradis fiscaux , l’instauration d’une taxe effective sur les transactions financières et le vote d’une réforme fiscale fondée sur la justice sociale et l’efficacité économique; bref de demander que tous les moyens soient mobilisés pour créer de la monnaie et utiliser l’argent en faveur de l’emploi, de la formation, des services publics, de la transition écologique .

Enfin, il faut s’attaquer à la verticalité des pouvoirs dans l’actuelle construction européenne : les traités (qui prétendent imposer définitivement un modèle libéral ); la BCE ("indépendante"); la Commission (et son arrogante "gouvernance économique"); la Cour (aux pouvoirs exorbitants et sans recours ); sans oublier la concentration de leviers de commande de fait au niveau des États dominants, à commencer par l’Allemagne de Madame Merkel…Refuser cette logique veut dire agir pour impliquer les citoyens dans l’élaboration des grands choix politiques européens, le contrôle des décisions et l’évaluation de leurs effets; obtenir des droits d’intervention pour les salariés sur la gestion des entreprises; faire respecter les prérogatives des assemblées élues, à commencer par les parlements; en un mot pour faire vivre la démocratie et la souveraineté populaire.

Chacun comprend que toute avancée sur cette voie suppose de faire converger dans la réflexion comme dans l’action des forces nombreuses et diverses aspirant au changement . C’est dire si l’ambition de "refonder l’Europe" suppose un grand effort de pédagogie politique et une stratégie de rassemblement bannissant résolument toute étroitesse!"

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