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LE NEVEU DE RABELAIS ?

Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT Publié dans #Ésotérisme, #Drukpa Kunley, #Bouddhisme tibétain, #Tantra-du-sexe, #Spiritualité, #Philosophie, #Inde, #Bhoutan, #Nepal

"SE CHANGER pour CHANGER le MONDE", notre document collectif de synthèse des nombreux échanges et réflexions qui ont suivi la publication de "SORTIR de la CRISE par le HAUT" (Éditions de La Hutte - Août 2012) a pour objet principal, comme l'annonce son sous-titre, une Réflexion sur l'Articulation entre le Progrès Individuel et la Réforme Sociétale.

Il nous était en effet apparu que si cette prétendue "CRISE" est plutôt l'annonce d'un grand chambardement, d'une réelle "Métamorphose Sociétale", l'approche humaniste à tenir et à encourager ne consiste pas à identifier des responsables et à organiser contre eux une révolution violente, mais bien plutôt à d'abord nous changer nous-mêmes afin que la réforme s'installe au plus intime des réactions de chacun. Ceci d'autant plus que ce changement de paradigme s'annonce comme une des étapes les plus prometteuses du développement de l'humanité, à l'égal de la découverte de l'imprimerie et dans le droit fil du respect de l'individu qui surgit de notre Histoire, tant en Extrême-Orient qu'autour de la Méditerranée, il y a environ vingt-trois siècles.

La mise à jour de ce document est en cours afin d'y incorporer les nombreuses réflexions novatrices qu'il a suscitées parmi vous tous et qui continuent de nous arriver.

Au cours de ces mises à jours, j'ai eu soudain la surprise de réaliser que, sans m'en être rendu compte, j'avais très exactement procédé dans cet ordre: de 2007 à 2009, bien avant d'avoir entrepris, avec mes co-auteurs, l'écriture de "SORTIR de la CRISE...", j'avais tenté de faire le point sur ma conscience des choses, sur les valeurs qui me semblent avoir résisté, ou s'être construites, à travers toute une vie de voyages, de nomadisme, d'expériences, de travail d'équipe, de multiples transgressions et d'innombrables rencontres.

Ce premier livre, "Quête et errances de Lama Vigotzé, le moine Bhoutanais qui aurait aimé être LE NEVEU DE RABELAIS" est un roman d'action et d'aventures qui raconte (et discute!) les "pérégrinations romanesques d'un moine Bhoutanais au XVIe siècle et sa quête de la Dignité, de la Liberté, de l'urgence de Spinoza, du Tantra du Sexe, de l'innocuité de la Mort, de l’Alchimie du quotidien et de quelques autres choses qui nous intéressent encore aujourd'hui". Une démarche qui correspond assez bien à la remarque de Dominique Mauve: "Il faut sortir par la Bas, naître à soi-même, avant d'envisager de s'inscrire dans une société".

Dans cette articulation entre INDIVIDU et SOCIÉTÉ, "LE NEVEU DE RABELAIS" est donc bien le pendant "premier" ("SE CHANGER") alors que "SORTIR de la CRISE" en est le pendant "société" ("CHANGER le MONDE").

À la demande amicale de plusieurs d'entre vous, nous allons donc finaliser l'édition "populaire" de ce livre dans le cadre de notre initiative "ÉDITIONS CLAUDIO CANDIDO", Collection "Itinéraires Nomades" (édition au format numérique, à petit prix, avec possibilité d'en obtenir un exemplaire papier - "Print On Demand" - P.O.D.- au prix le plus bas du marché - toutes vos suggestions pour baisser encore ces prix sont les bienvenues!)

J'en profite pour partager ici, avec vous, l'EPILOGUE de ce livre, qui exprime assez bien, je pense, ses multiples pertinences avec les propos qui nous intéressent.

" Il n'est pas impossible qu'un certain Vîgot, aidé ou non d'un damné Flamand voyageur, ait pris conscience, dès le XVIe siècle, de cette étonnante concomitance entre les deux esprits libres, provocateurs et activement réformateurs, que furent Drukpa Kunley dans les Himalayas et François Rabelais en douce France, mais ce n'est pas avéré.

S'il en avait eu vent, ce qui n'est pas prouvé, Carl G. Jung aurait probablement parlé de synchronicité.

Bien sûr, depuis Érasme, il y eut en Occident quelques autres esprits libres plus ou moins déclarés suivant les risques liés aux époques.

Spinoza, pressenti par Célia, en fut probablement un des plus clairs. S'ils furent peu suivis, ce n'est peut-être pas tellement parce que les pouvoirs politiques et religieux étaient très sourcilleux face aux éveils de la liberté, mais surtout que l'intérêt de la liberté de penser n'était pas évident dans un monde où chacun était surtout préoccupé de sa survie quotidienne et de la satisfaction de ses besoins élémentaires.

Il semble que, au début du XXe siècle, la perspective générale ait commencé à changer. L'éveil de la psychologie ouvrait une époque caractérisée par un intérêt nouveau pour la conscience de soi et, en général, la compréhension des causes et des processus de nos comportements. Certains penseurs ont alors pu, consciemment ou non, intégrer à leur pensée des influences orientales. Ainsi, la philosophe Simone Weil (1909-1943), dans une de ses intuitions géniales, trouvait l'occasion de souligner que

"La civilisation européenne est une combinaison de l'esprit d'Orient avec son contraire, combinaison dans laquelle l'esprit d'Orient doit entrer dans une proportion assez considérable. Cette proportion est loin d'être réalisée aujourd'hui. Nous avons besoin d'une injection d'esprit oriental."

En 1972, les membres du "Club de Rome" sortaient leur premier rapport dans lequel ils s'interrogeaient sur les limites de la "croissance" conçue, par la plupart des économistes occidentaux, comme une augmentation constante, d'année en année, de la production, de la consommation et des échanges financiers. Le rapport fit un peu scandale, puis l'opinion s'en désintéressa et le second rapport ("Stratégie pour demain") fut à peine remarqué.

En 1980, Henri Laborit, brillant médecin et chercheur, collabore avec Alain Resnais pour faire apprécier, dans le film "Mon Oncle d'Amérique", les découvertes récentes des neurosciences. Dans sa dernière phrase, il résume parfaitement:

"Tant qu'on n'aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l'utilisent, et tant que l'on n'aura pas dit que jusqu'ici cela a toujours été pour dominer l'autre, il y a peu de chance qu'il y ait quoi que ce soit qui change."

Avait-il lu Drukpa Kunley?

"Amonceler l'instruction mais négliger la méditation sur la nature même de notre pensée, c'est aussi sot que se laisser mourir de faim devant un garde-manger qui déborde."

Drukpa Kunley (Bhoutan, 1455-1570)

En 1982, Serge-Christophe Kolm, dans un livre-phare ("Le bonheur-liberté, Bouddhisme profond et modernité."), malheureusement épuisé, attirait notre attention sur la richesse du Bouddhisme analytique, qu'il considère comme l'essence même du Bouddhisme, et sur le peu de cas qu'en firent, en Occident, le logos grec et toute notre tradition culturelle et philosophique. Il l'explique et regrette le manque de métissage entre ces deux approches de la vie et de la sagesse. Il nous fait comprendre comment l'idée d'individu nous fut transmise, mais sans son complément indispensable, celle de l'insubstantialité de l'ego.

Il y écrivait avec une concision claire:

"(...) Or l'Occident a sans doute reçu du Bouddhisme (le concept de) la personne mais sans (celui du) non-soi.

A un moment, vers le IIIè siècle avant notre ère, lors de la grande synthèse gréco-bouddhiste entre les Himalayas et la Méditerranée, d'où sortiront le stoïcisme et le mahayana, quand les grecs règnent deux siècles sur des peuples bouddhistes et qu'une partie des Indes a sa capitale sur la Méditerranée (Antioche), la PERSONNE franchit l'Indus, mais le NON-SOI s'y noie au passage.

Trois siècles plus tard, quand le christianisme à Créateur hérite de cette personne, il méprise entièrement l'auto-création et n'en relève que l'individu.

De là ce que nous sommes et ce dont nous souffrons, notre meilleur et notre pire, la liberté et l'égoïsme.

Et aussi la suggestion qu'amputer la première du second est un cercle (vicieux) dont une quadrature est probablement le non-soi bouddhique."

Enfin, en 2009, François Jullien, philosophe de la Grèce antique et sinologue cultivé, nous rappelle, dans le premier de ses "Chantiers", auquel il donne pour titre "Les transformations silencieuses", que nos sémantiques forgent les concepts de base de notre pensée et que ceux-ci modifient non seulement notre conscience du monde mais aussi nos principes d'action.

Aidés par ce que nous ont appris les approches très rigoureuses de la Chine et de sa culture par Simon Leys, nous pouvons comprendre, à la lecture de Jullien, que c'est le langage même des Chinois qui leur a permis de garder la conscience de la mutabilité fondamentale de la Nature qu'Héraclite nous avait déjà bien enseignée. Alors que nos "définitions" des concepts et des êtres nous permettaient de développer les sciences (un peu comme poser a, b, x, y, est réducteur, mais nous permet de résoudre une équation algébrique), ce fut au prix d'une ignorance des lois globales de la nature, et d'un désastreux avantage accordé au but sur la navigation, à l'Avoir aux dépens de l'Être.

Aujourd'hui s'ouvre une fenêtre d'opportunité de toute première importance pour relancer cette synthèse. Après plusieurs crises financières et une prise de conscience progressive des contraintes de notre environnement, c'est-à-dire de la Nature du Monde et donc de la nôtre, une réflexion commence à propos des carences de notre humanisme occidental dominant et surtout de ses excès: matérialisme, cupidité, individualisme forcené, tant d'avoir et si peu d'être...

N'est-il pas étonnant que les politiques se sentent si démunis pour concevoir un nouvel humanisme de société? Sont-ils incultes ou totalement dépourvus de créativité? Ou alors, est-ce l'arbre de leur village qui leur cache le monde?

Dans un apport, cette fois du Sud au Nord, Sotigui Kouyaté, fils de griot et griot lui-même, sportif international et acteur Burkinabé sur les scènes théâtrales les plus réputées de Londres, nous a peut-être indiqué une voie de progrès: le voyage, la rencontre."

"Autrefois, nos Anciens se sont réunis pour décider

quelle était la pire chose qui soit.

Ce n'était pas la maladie, la misère, ou la mort.

C'était l'ignorance de celui qui n'est jamais sorti de son village."

(Extrait de "LE NEVEU DE RABELAIS" - Épilogue.)

Voir ci-dessous la Couverture du Livre. En cas de difficultés, merci de contacter:

editionsclaudiocandido@gmail.com

ou:

louis.boel@sortirdelacrise.eu

Merci!

Couverture du livre, disponible en numérique et en POD.

Couverture du livre, disponible en numérique et en POD.

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