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L'ISLAM THÉOCRATIQUE en DÉMOCRATIE ?

19 Mars 2013 , Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT

CONTEXTE

Tout ceci est parti d'une communication de Claude Zylmans qui annonçait la conférence du 18 mars 2013 à l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Il a accompagné cet appel à réflexion de deux documents que vous pouvez trouver ici plus bas. L'un est le début d'une brochure du Gouvernement Belge, en 1963, pour attirer les émigrants maghrébins vers la Belgique; le second est une réflexion islamique (ou islamiste?) qui justifie systématiquement le rejet des élections dans une démocratie d'accueil et la révolte contre le principe même de cette démocratie.

Voici le lien pour le document islamique:

http://lanse-solide.at.ua/load/tawhid/democratie/ebauche_de_reflexion_islamique_sur_les_elections_2012/38-1-0-122

Nous en conseillons la lecture complète (8 pages) car elle est édifiante.

NOTRE RÉFLEXION

Il faudra bien un jour décider d'une conduite européenne vis-à-vis de ce genre d'ostracisme anti-démocratique qui s'annonce lui-même non négociable. On ne re-fondera pas une démocratie européenne humaniste "post-crise" ou "post-industrielle" si on se cache ce genre de problème, conséquence inévitable de la mondialisation qui amène des systèmes socio-politiques différents, et parfois nettement antagonistes, à partager le même territoire. Il me semble que nous, Belges, devrions avoir une expertise valable dans ce genre de situation, puisque depuis bientôt deux siècles d'indépendance nous sommes confrontés au fait que nos communautés nationales ne partagent pas les mêmes traditions légales, par exemple vis-à-vis du "droit du sol". Certains arguent d'une difficulté essentielle due au fait que ce droit est peu susceptible de se diluer, voire de se fondre dans des impératifs démocratiques; mais d'autres leurs opposent que les citoyens s'entendent et se respectent démocratiquement, les antagonismes réellement dangereux ne prenant naissance que dans des milieux politiques tentés par la facilité d'un populisme électoraliste.

Peut-être y a-t-il là une piste de réflexion utile: à quel degré cette missive islamique sur les élections en Belgique pourrait-elle être avant tout une manipulation politique? ou socio-politique? Et si tel devait être le cas, quels intérêts se cacheraient-ils derrière cet appel à l'incivisme et à la "pureté" religieuse théocratique? Certaines principautés moyen-orientales (émirats)? Le Royaume Saoudien (pour des raisons géopolitiques)? Le même Royaume, mais pour des raisons de tensions internes entre ses deux "piliers": la famille royale et ses alliés religieux fondamentalistes wahhabites? ou d'autres intérêts à identifier?

Quoiqu'il en soit de cette piste de réflexion, il faudra être extrêmement créatif pour trouver une solution de "vivre ensemble" car on voit mal comment une solution socio-politique pourrait se situer ailleurs qu'à l'intérieur du spectre allant de l'inter-culturalité (la multi-culturalité a déjà montré ses carences) démocratique à la solution Saoudienne (justement!) du "ici c'est notre loi-la sharia. Point-barre. Si cela ne vous plaît pas, ne venez pas".

La solution de facilité serait d'appliquer la réciprocité mais, d'abord, c'est excessivement peu humaniste (pourrions-nous transiger là-dessus? Vu le contexte la question reste ouverte). D'autre part la réciprocité est applicable entre États mais comment faire une réciprocité entre une religion et une laïcité?

Le Débat est ouvert. Nous l'avons déménagé sur ce Blog parce que le débat y disporera de plus d'espace et de flexibilité que sur FaceBook.

PREMIÈRE PROPOSITION

Après avoir lu ce document (Ébauche de réflexion islamique sur les élections) sur la page de Claude, je n'ai pas cliqué "j'aime" car j'étais effaré... D'autre part, je n'ai pu lire que la première page du document " venir travailler en Belgique" - je ne puis donc pas juger concrètement des "promesses non tenues" mais je puis deviner...

Ce qui m'effare c'est cette Ébauche de réflexion islamique... Il circule donc en Belgique des discours prônant un islam aussi follement "orthodoxe" comme nous disons de certain judaïsme, ou "fondamentaliste" comme lorsque nous parlons de christianisme extrémiste? Sait-on le niveau d'attraction ou d'approbation de ce type de raisonnement? Cela m'effare parce que c'est du même acabit que les collections de textes et citations les plus incroyablement sionistes qu'on peut lire sur Facebook. Cela me confirme dans mon rejet de toutes ces "religions révélées" trop facilement utilisées pour des raisons qui relèvent surtout de la dictature politique et sociale. Heureusement que ce papier est pratiquement SIGNÉ par la longue citation d'Abd´al Wahhab... évidemment... on ne peut pas espérer qu'il inspire une approche évolutive appuyée sur un bon usage de l' Ishtihad (exégèse de l'Islam par des musulmans compétents).

J'en tire, à chaud, deux réflexions, peut-être trop hâtivement partagées.

D'abord, cela me rappelle cette phrase qui m'est venue dans la nuit, fin septembre dernier (non, non, je ne me prends pas pour le prophète, il n'est ici aucun blasphème, mais il m'arrive de me réveiller avec des formules claires en tête et alors je les note!) : "Comme l'empire Mogol l'a fait pour être accepté aux Indes (1536-1857), si l'Islam doit aujourd'hui se réconcilier avec le monde, ce sera probablement à travers sa branche spiritualiste et individualiste: le soufisme".

Réflexion faite, c'est très peu probable car ce qui rend le soufisme sympathique aux humanistes c'est qu'il est probablement la branche la plus "immanente" de l'Islam. Il est peu vraisemblable qu'un monothéisme de révélation laisse plus qu'un très modeste espace à ce genre de tendance. Mais pourtant, la référence à l'Empire Mogol est historique. Rien n'est donc impossible, et j'aime voir Abdel Malik, "vedette" du Slam, faire une constante apologie des confréries Soufi de Fèz en des termes à la fois très religieux et très ... africains, ce qui, pour moi signifie d'abord "humains". Nous avons "participé" à son concert lors du Festival de musiques sacrées de Fèz, au printemps 2012, et nous pouvons témoigner du support proprement mystique des masses populaires marocaines présentes.

La seconde réflexion n'est guère plus qu'une question: face à un rejet aussi non-négociable des règles et principes de notre société, que pouvons-nous faire? Que devient le sens même de "l'accueil de l'Autre"? La réaction spontanée est, je pense, "dans ces conditions que ces gens restent chez eux". Ils sont en minorité et ne désirent pas se plier à notre consensus démocratique légal. Cela semble simple mais ce ne l'est pas du tout: comment "sélectionner" sans ostracisme? Impossible. Et une fois prouvé (?) leur refus de nos règles, comment les "renvoyer chez eux"??? Nous voyons tout de suite le problème puisque nous le vivons déjà ! Et pourtant, ces mêmes wahhabites n'hésitent pas à imposer des règles beaucoup plus strictes aux étrangers qui viennent travailler en Arabie Saoudite (je sais de quoi je parle: nous y avons vécu douze ans, avec beaucoup de plaisir et d'intérêt, mais quid de la réciprocité de l'interdiction de pratiquer sa religion??).

Vastes problèmes. Où est la justice? Où est l'équité? Où est l'Humanisme lorsque l'Autre déclare qu'il n'en reconnaît pas la valeur?

Nous pensons que la question vaut que nous en débattions. Nous appelons donc aux commentaires, questions et suggestions. Merci d'avance!

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