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L'INTENTION

Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT !

Pour clarifier le sujet et l’intention de notre initiative, il nous semble utile de les résumer ici dès l’abord, quitte à répéter, ici ou là, cette déclaration d’intention au cours des développements de nos réflexions.

Le SUJET, c’est LA (soi-disant) CRISE.

 

L’INTENTION

est de saisir l’opportunité de cette crise pour lancer une réflexion d’abord, des actions ensuite, afin d’approfondir l’HUMANISME de notre SOCIÉTÉ.

 

LA CRISE :

nous pensons qu’elle est beaucoup plus essentielle que nos responsables ne veulent l’admettre. Elle nous apparaît comme systémique, mettant en cause les valeurs mêmes qui sous-tendent notre économie, notre enseignement, et notre organisation tant sociale que politique, voire même notre conception actuelle de la condition et de la dignité humaine.

L’HUMANISME 

L'Humanisme nous semble le nœud du problème car les évolutions sociales et politiques, de la Renaissance au siècle des Lumières puis aux révolutions américaine (1776) et française (1789) avec leurs déclarations des droits de l’homme, ont été confisquées par des conservateurs nostalgiques de l’ancien régime ou par des arrivistes qui abusent de la démocratie, qu’ils soient liés aux pouvoirs politique, religieux ou de l’argent.

Il faut rappeler ici que ce mot "Humanisme" ne doit pas nous évoquer une théorie philosophique quelque peu ésotérique, ni des études traditionnelles aux relents de latin d’église, puisqu’il s’agit tout simplement de mettre l’être humain au centre des problèmes, au centre des réponses, au centre des solutions.

Le développement impressionnant des sciences et des techniques au cours des 19ème et 20ème siècles ont tellement modifié les conditions matérielles et sociales de nos sociétés que nous en sortons un peu aveuglés, prenant trop souvent les scories de cette évolution pour des évidences de notre condition humaine.

Puisque la grande majorité des philosophes d’aujourd’hui se contentent d’étudier l’Histoire de la pensée humaine et de se complaire ensuite dans les jeux des sémantiques développées par les écoles philosophiques au cours de cette histoire, il nous revient, à tous ceux que cela intéresse, le droit et le devoir de ramasser la "quête de la sagesse" et de la remettre dans son cadre réel : le sens de l’expérience quotidienne à travers ses liens avec la complexité de la vie.

"Le sens même de l’existence se perd lorsque, ayant d’abord appuyé toute signification sur un monde transcendant et divin, on découvre que la vie humaine et la nature extérieure sont les seules réalités véritables. (…). Personne ne semble s’aviser qu’il y aurait lieu, enfin, d’unir les valeurs politiques de la démocratie et les valeurs existentielles de la vie individuelle" [1]

L’apparence trompeuse des choses (le phénomène, la "Maya" des hindous) a deux visages : celui de nos perceptions immédiates, bien sûr, mais aussi celui de la musique des mots que nous avons plaisir, et réassurance, à manipuler et à déclamer sur un mode incantatoire. C’est vraisemblablement dans ce second piège que tombent facilement nos mandarins. Ils semblent avoir complètement oublié que σοφια (sophia) c’est d’abord l’habileté manuelle. Toute recherche de sagesse, de sens, de ré-union à la Nature naturante[2] ne peut donc se faire qu’à travers une Alchimie, c’est à dire une pratique attentive de l’action, jointe à une réflexion sur le rapport entre soi-même et le résultat de l’action.

Comme l’a si bien dit Bronowski [3],

"On ne peut comprendre le monde que par l’action, non par la contemplation. La main est le bord aiguisé de l’esprit " [4].

Le reste n’est que jeux de professeurs de philo, dialectique gratuite au niveau des conversations de comptoir.

A nous donc, nous les êtres humains qui sommes artisans de nos propres vies et, tous ensemble, de la construction de cet instant du monde humain, à nous de reprendre en main la recherche des valeurs et de l’éthique qui permettront de construire une société humaine harmonieuse.

C’est à nouveau l’heure des "honnêtes gens" puisque les clercs, les mandarins et les politiques ont sombré dans la prétention égotique et la soif de pouvoir.

Sortir de la "Crise" supposera deux volets : l’urgence (éteindre le feu) et le fond (changer les valeurs viciées de notre développement).

Sauf à prévoir une révolution violente, l’urgence est l’affaire des vrais politiques et des vrais économistes, pour autant qu’ils résolvent les problèmes plutôt que de les repousser à plus tard, et pour autant qu’ils n’exacerbent pas les injustices.

Le fond est l’affaire de tous, individus, associations, réseaux, agissant concrètement sur des objectifs limités dans l’espace et dans le temps. C’est le sujet ici.

Pour nous réapproprier les acquis des quelque 2.500 ans de notre civilisation, il nous faudra d’abord redéfinir les valeurs fondamentales qui permettent la démocratie : la dignité de l’être humain par les libertés et par l’égalité des droits ; la paix nationale et internationale par la solidarité entre humains. Ensuite il nous faudra concevoir et mettre en place les institutions politiques, économiques et sociales qui pourront promouvoir et protéger ces valeurs dans le contexte de modernité et de globalisation qui est le nôtre aujourd’hui.

Puisque les cliques au pouvoir, quels que soient les noms de leurs partis, ont trahi le sens et l’éthique de ces valeurs humanistes, il ne sera pas possible de leur demander de se réformer elles-mêmes. Il ne sera pas non plus possible de s’appuyer sur les institutions ou les académies existantes puisqu’elles sont noyautées par des personnes qui, consciemment ou inconsciemment, participent à la domination du plus grand nombre par une petite faction de privilégiés. Puisque nous voulons être humains avant tout, nul ne peut se voir demander de scier la branche sur laquelle il est assis.

Comme le dit aujourd’hui Alberto Toscano, journaliste et écrivain,

"La clef de la démocratie est de reconnaître la maturité de l’opinion publique."

Nous choisirons donc de nous appuyer sur les intimes convictions des "honnêtes gens" qui se sont forgé leurs opinions principalement dans leur pratique quotidienne des secteurs d’activité considérés comme humanistes parce que généralement plus sensibles à l’éthique et à la solidarité élargie : production et autres secteurs non-marchands.

Toute tentative, historique ou récente, de mépriser l’opinion publique peut être expliquée par un réflexe de domination des classes considérées comme "instruites" ou réellement cultivées. Notre initiative s’appuie avant tout sur une réhabilitation de l’Humanisme ce qui implique de donner la priorité à la dignité de tout être humain et de son expression, quelque soit son instruction, sa race, sa culture ou ses handicaps. Ces différences doivent être considérées comme mineures et peuvent s’atténuer par un meilleur accès à la culture[5]. C’est en réformant l’enseignement, public et privé, pour donner une priorité à la vraie culture et non aux systèmes technologiques qui "machinisent" des communautés entières de spécialistes pour les asservir aux intérêts de l’oligarchie qui décide de notre économie.

Nous proposerons d’appeler cette approche la "doxophie", philosophie de l’opinion.

En effet, il nous faudra parfois ne pas reculer devant la nécessité de créer, si nécessaire, quelques mots nouveaux car beaucoup des mots les plus importants de l’humanisme ont été dévoyés par l’usage pervers qu’en ont fait les politiciens professionnels et toutes les langues de bois.

"Quand les dictateurs crient "Vive la Liberté", ils enferment les gens dans un monde où la liberté devient inconcevable ! C’est très, très politique !" [6]

A tout moment de notre réflexion et des débats qui suivront, nous nous efforcerons de toujours suivre trois fils rouges :

la priorité à l’HUMANISME (en cas de doute, choisir la réponse qui garde le mieux l’humain au centre),

l’urgence primordiale de l’ENSEIGNEMENT PUBLIC (seul moyen de fonder la LIBERTÉ de tous) ,

le respect de la COMPLEXITÉ (ne rien appauvrir par des modèles théoriques).

Après ces réflexions et débats, nous espérons pouvoir entreprendre, ensemble, une action globale et déterminée.

Sur un modèle parfois inspiré des "révolutions oranges", nous chercherons les compétences et les budgets nécessaires à mobiliser les réseaux sociaux, mettre sur pied des bureaux régionaux, organiser des manifestations, lancer et publier des pétitions.

Nous chercherons ainsi à dynamiser un mouvement trans-partis qui force les politiques de tout bord à entreprendre les réformes concrètes que nos réflexions auront sélectionnées comme les plus urgentes et les plus pertinentes.


[1] Robert Misrahi - Spinoza. Une philosophie de la joie - (Introduction). - Coll.Sagesses éternelles. Ed. Médicis. Paris 2005.

[2] Suivant l’expression latine Natura naturans que Spinoza propose pour remplacer le mot Dieu, source de confusion car trop riche en connotation transcendantale, monothéiste, fataliste et anthropomorphique.

[3] Jacob Bronowski, Mathématicien britannique d’origine polonaise. 1908-1974

[4] Voir aussi : L’homme est intelligent parce qu’il a une main - Anaxagore (500-428 av. J.-C.)

[5] Lucien Jerphagnon, philosophe et professeur émérite des universités, explique clairement que la vraie culture ne crée pas le sentiment de supériorité mais, au contraire, la modestie de celui qui se sait souvent sot, comme tout être humain, et ne peut donc se prendre au sérieux. (Bibliothèque Médicis - Public Sénat - 6 août 11).

[6] Kossi Efui, écrivain et chroniqueur, La Grande Librairie, FR5, 12 mai 2011.

 

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