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L'éditorial du Réseau Intelligence de la Complexité

18 Décembre 2012 , Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT

Avertissement: Nous avons beaucoup insisté, dans "SORTIR de la CRISE par le HAUT" sur la nécessité d'utiliser "la pensée complexe" (Edgar Morin) et, pour ce faire, de donner la priorité à l'expérience personnelle plutôt qu'aux systèmes pédagogiques directifs. Depuis la plus haute antiquité, jusqu'à nos jours, les penseurs l'ont dit:

Anaximandre (610-546 B.C.): "La main c'est l'esprit"

Jacob Bronowski (1908-1974): "On ne peut comprendre le monde que par l’action, non par la contemplation. La main est le bord aiguisé de l’esprit."

Comme la crise est principalement systémique, nous pensons aussi qu'il ne faut pas seulement réformer les systèmes, mais réintroduire l'idéal de "l'honnête homme" et des "compagnons" avec sa dimension individualiste qui compense la spécialisation des technologies par l'expérience directe de la complexité. C'est donc un des changements important de paradigme qui devra caractériser la "métamorphose sociétale". C'est pour cela que les réflexions du "Réseau Intelligence de la Complexité" nous intéresse au plus haut point. Nous les contactons dès aujourd'hui pour lancer des échanges et suivis réguliers.

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" IL FAUT QUE CA MOUVE ! "

Comment les inter-actions agissent pour cheminer en complexité ? : une pratique d’ingénierie complexe

par François PISSOCHET (novembre - décembre 2012)

« La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est qu’information » (Albert Einstein)

Il faut que l’enfant mette sa main sur le feu pour prendre conscience (connaissance) que « ça brûle ! ». C’est une évidence que « nous apprenons de l’action ». La connaissance naît de l’objet, de notre relation à l’objet. Cette réflexion a surgi spontanément lors d’une séance d’analyse de la pratique à laquelle participaient des professionnels du social et du médico-social. La situation évoquée ce jour mobilisait l’ensemble des participant/es, tant l’usager dont il était question, « connu du service », mettait en échec toute solution susceptible d’améliorer son état. Nous nous trouvions confrontés à une escalade morbide où toute tentative des professionnels non seulement avortait, mais semblait accélérer une dégradation qui renforçait, chez ces professionnels, un fort sentiment d’impuissance. La surenchère de propositions apparaissait comme la seule manière de conjurer cette désespérance envahissante et communicative.

Le travail d’analyse a mis en évidence la fonction mobilisatrice de la passivité ostensible de l’usager : entendre cette passivité et cette mise en échec non dans sa réalité, mais comme symptôme à la fois expression d’une souffrance qui ne peut se dire autrement, et réponse « adaptée » au faire des professionnels. Dans le jeu inter-réactionnel, elle pouvait donc être lue comme messages « mode d’emploi » destinés non pas à mettre les professionnels dans l’impasse, mais bien à les « éclairer » pour les rendre « créatifs autrement ». Dans ce mouvement, il devient évident de penser que cette personne participe au développement de la connaissance des professionnels en leur faisant partager sa désespérance.

Acteurs dans le champ du social ou du sanitaire, les professionnels praticiens sont quotidiennement appelés à être dans l’action, soumis aux contraintes multiples liées à leur statut, leurs engagements, leur institution, les demandes de leurs usagers ou patients, le contexte sociopolitique… Face aux situations qu’ils rencontrent, souvent dramatiques, dans l’urgence, ces professionnels ressentent la nécessité d’apporter des réponses, de trouver et proposer des solutions qui s’inscrivent en miroir aux problèmes posés. Ce sont le plus souvent celles qu’ils ont apprises, expérimentées, celles qui ont fait leur preuve. Et chacun a tendance à s’y accrocher sans forcément questionner leur pertinence au regard de la singularité de l’instant et de la personne.

Ces solutions « de bon sens » proposées de l’extérieur signent une implication du professionnel qui peut être rassurante mais qui peut aussi être également ressentie par les intéressés comme étouffante, intrusive, insécurisante, … d’où leur rejet par ces derniers qui n’y trouvent pas de sens. Ce rejet ou cette mise en échec certes interpelle le professionnel sur ses compétences et sa pertinence, mais on peut l’entendre comme une manière (la seule que l’usager puisse initier) d’entraîner les professionnels dans une autre approche plus en phase avec le contexte de ces interactions perçu différemment En cela, ce qui est perçu comme entrave devient proposition aidante à l’adresse du professionnel

Reconnaître l’usager dans cette fonction paradoxale d’aidant, dans la situation travaillée ce jour-là en analyse de la pratique, a permis de renverser la proposition des professionnels leur permettant de modéliser autrement, de créer une nouvelle dynamique relationnelle qui, au lieu de la dénoncer et de la combattre, a mobilisé cette capacité « aidante » de l’usager pour qu’il travaille à sortir les professionnels de leur marasme !

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