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E T L' E U R O P E ?

Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT

Rébellion contre la déliquescence de la construction européenne

Plusieurs des sympathisants qui se sont exprimés sur notre GROUPE FACEBOOK "SORTIR de la CRISE par le HAUT" sont de tendance souverainiste (française) ou simplement favorables à une "déconstruction" de l'Europe Unie, au nom d'un "retour à l'indépendance politique des nations".

Nous ne pouvons pas participer à ce genre de dynamique car nous croyons, au contraire, qu'il nous faut PLUS, et surtout MIEUX d'Europe. Par honnêteté et pour être très clairs avec tous nos amis, nous pensons qu'il est utile de rappeler ici ce que nous avons dit de l'Europe dans notre livre. Voici donc les pages 53 à 58 du Chapitre 2 - "Rébellions !" qui expriment bien à la fois nos critiques et nos encouragements à la construction de l'Europe.

L’Union européenne, camisole chimique de la politique et de la démocratie

Texte de Jean Solis

Prenons une trentaine de pays qui n’ont, pour les plus éloignés, pas grand-chose à voir entre eux. Nions leurs spécificités his- torico-culturelles. Démolissons tous leurs symboles affectifs dans l’élaboration d’une parodie de politique commune qui ne comprend par ailleurs ni l’économie, ni le social, ni la culture, ni la défense, ni l’environnement, mais seulement le calibrage des bananes, plusieurs tentatives d’extermination des produits au lait cru ou l’inflation endémique des procédures commerciales et juridiques au détriment des petites entreprises et vous obtiendrez l’Union européenne. Abattez-y tous les emblèmes et toutes les mémoires de ce qui fait le seul lien durable, culturel, historique et symbolique entre la plupart des pays membres, à savoir la chrétienté, et il vous en restera l’extrême-droite par réaction à l’unique moteur de cette triste pieuvre [la finance].        L’Europe aurait dû être un lieu de désirs et de créativité dans le soutien mutuel face aux épreuves ; ce n’est qu’une camisole chimique administrée à des populations rendues malades par le traitement à qui l’on dit : mais vous ne vous rendez pas compte, si l’on vous prive de toutes ces bonnes piqûres et que l’on vous laisse sortir, ce sera pire. Mais comme personne ne sait ce que ça peut être, « pire », la seule certitude qui reste, c’est que la Chine rachètera tout. Il se trouvera bien alors des « experts » pour nous expliquer pourquoi c’était inévitable, pourquoi c’est bien, et que mais non ça fait pas mal, de transformer tout un continent en maison de repos pour nouveaux riches, avec des millions de pauvres que l’on cache pour ne plus avoir à leur faire crédit. Jusqu’à un temps récent, je croyais que seul le traditionalisme religieux offrait la plus sûre opportunité de ne pas réfléchir. Maintenant, je sais qu’il y a aussi l’Union européenne.                                                                Jean Solis, Le Paradoxe de Davos, Éd. de la La Hutte, 2011.

Mais...

Il faut un meilleur contre-pouvoir à la Commission Européenne.

La Commission est devenue une énorme administration bureaucratique qui, inévitablement, s’est éloignée de l’humain au fur et à mesure de son gigantisme dépersonnalisé. Ses membres actifs sont trop déconnectés de la vie quotidienne. Tout y est conçu par des théoriciens professionnels, qui font leur carrière dans ce contexte et sous l’influence des lobbies industriels, commerçants et politiques. Elle est aujourd’hui le miroir de l’image de ce qu’était la société européenne des années 1960-2000 : le triomphe du libéralisme à outrance et du recul de la solidarité sociale.

Contre-pouvoirs ? On peut suggérer en vrac : nouveaux règlements de recrutement et de contrôle démocratique, rôle prédominant du Parlement européen dont les pouvoirs tendent aujourd’hui à se retrouver asservis aux gouvernements nationaux et à leurs élus en place. Demain, nous espérons qu’il sera composé de députés réellement représentants des populations de chaque régions7 et que ce Parlement pourra prendre les décisions politiques de l’Europe, la Commission en étant seulement l’organisme technicien au service de la politique européenne, dans le sens que lui donnait la Stoa dans la Grèce antique.

Comme l’a plusieurs fois souligné, à juste titre, Joschka Fischer, vice-chancelier d’Allemagne et ministre des affaires étrangères de 1998 à 2005, la règle de fonctionnement « à l’unanimité intergouvernementale » mène nécessairement au blocage et doit être remplacée par un Parlement effectif avec décisions à la majorité des députés.

Tout ceci semble devoir nous mener vers plus (ou mieux) d’Europe politique. Il semble évident que, si l’humanisme ne pénètre pas aussi à Strasbourg et à Bruxelles, l’Europe, considérée comme une simple Union économique dépourvue de culture et d’Histoire propre, disparaîtra, victime de la crise. Il ne resterait plus, alors, qu’à créer une réelle Europe politique avec les pays qui furent créateurs de l’Europe unie : le Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg), la France et l’Allemagne, auxquels seront invités à se joindre les voisins les plus réellement engagés dans cette évolution politique.

Mais avant de commencer ce mouvement, n’oublions pas, cette fois, de commencer par L’Europe des Cultures. Car même en sachant que « Si c’était à refaire, je commencerais par l’Europe des cultures » est une citation apocryphe, une phrase que Jean Monet n’a jamais prononcée, il n’en reste pas moins que le principe en est évidemment vrai et fondamental.

Toute l’Histoire de l’Europe est celle de nations qui se sont affirmées par leurs différences culturelles et ont tout fait pour maintenir ces différences en les défendant, souvent au prix du sang, contre l’hégémonie et l’appétit envahissant des nations voisines. Dans de nombreux cas, trop connus pour que nous nous y attardions avec complaisance, des poussées nationa- listes régionales ont dû accepter l’incorporation de force dans une nation plus grande et plus puissante.

De tout cela il reste de nombreuses forces centrifuges que l’Union européenne, seulement économique, n’a pas pu effacer, bien au contraire. Les nationalismes ont cessé d’être guerriers, mais ils continuent à s’exprimer : compétition pour profiter, même abusivement, des fonds de développement eu- ropéens, déclarations d’intentions angéliques aussi longtemps qu’il s’agit de recevoir des avantages de la communauté, mais oubli de toute solidarité dès qu’il s’agit de se contraindre à un règlement commun ou de rendre des comptes à propos de ses engagements.

Il est urgent de multiplier les actions d’information, de pédagogie et de promotion pour construire, dans l’inconscient collectif de tous les peuples d’Europe, une image positive de l’Humanisme européen qui, heureusement, existe de façon bien réelle. De l’invention de la république démocratique en Grèce antique puis en Islande (vers l’an 980 !) jusqu’aux Renaissances italienne et française et aux Lumières du XVIIIe en France et en Allemagne ; des premières percées démocratiques du parlement anglais avec la Grande Charte de 1215 à leur confirmation en 1688 par la Révolution anglaise et l’instauration de la monarchie parlementaire (Bill of rights, Déclaration des Droits de 1689) ; de la confédération des Länder allemands (1815) à la Confédération des cantons suisses en 1848 ; de la Révolution américaine (1775) et sa Déclaration d’Indépendance (Benjamin Franklin, 1776) à la Révolution française et sa Déclaration des Droits de l’Homme (1789) !

Et il faudrait évidemment continuer car la liste est longue : diplomatie démocratique irlandaise pour la paix, système politique islandais, tolérance religieuse aux Pays-Bas, soulèvements républicains en Espagne, Hongrie, etc. etc.

Nous espérons pouvoir identifier les compétences et les contacts pour lancer un tel large projet culturel, soutenu par les télévisions nationales et européennes, dont le fil conducteur soit la description et l’analyse des « génies européens », à travers des rencontres d’hommes de bien qui travaillent à la construction d’un humanisme européen, en s’appuyant sur les traditions culturelles de leur région. Toute personne inté- ressée est invitée à contacter notre collectif :

www.sortirdelacrise.eu

ET SURTOUT, NOUS CONSEILLONS À TOUS NOS AMIS ET SYMPATHISANTS DE LIRE D'URGENCE "DEBOUT L'EUROPE" LE LIVRE CONJOINT DE DANY COHN BENDIT & GUY VERHOFSTADT QUI VIENT JUSTE DE PARAÎTRE (novembre 2012). ESSENTIEL, CLAIR et ÉCRIT par des POLITIQUES RESPECTABLES !

NOUS CONSEILLONS À TOUS NOS AMIS ET SYMPATHISANTS DE LIRE D'URGENCE "DEBOUT L'EUROPE" LE LIVRE CONJOINT DE DANY COHN BENDIT & GUY VERHOFSTADT QUI VIENT JUSTE DE PARAÎTRE (novembre 2012). ESSENTIEL, CLAIR et ÉCRIT par des POLITIQUES RESPECTABLES !

NOUS CONSEILLONS À TOUS NOS AMIS ET SYMPATHISANTS DE LIRE D'URGENCE "DEBOUT L'EUROPE" LE LIVRE CONJOINT DE DANY COHN BENDIT & GUY VERHOFSTADT QUI VIENT JUSTE DE PARAÎTRE (novembre 2012). ESSENTIEL, CLAIR et ÉCRIT par des POLITIQUES RESPECTABLES !

PROMOUVOIR L'IDENTITÉ EUROPÉENNE !

QUE FAISONS-NOUS POUR PROMOUVOIR L'IDENTITÉ EUROPÉENNE À TRAVERS UNE MEILLEURE CONNAISSANCE DE NOS CULTURES RÉGIONALES?

Le 7 janvier, sur notre Groupe FACEBOOK "SORTIR de la CRISE par le HAUT", Chantal Colombier, rencontrée au CAFÉ PHILO du SERPENT VOLANT , rue du Grand'Marché à TOURS, nous faisait un commentaire sur un sujet lié à l'identité, en citant Tommaso Padoa-Schioppa et Tzvetan Todorov et nous renvoyant au "Compte rendu du séminaire du 24 nov. 2005: "La question de l'identité européenne dans la construction de l'union". Site : < Notre Europe, Etudes et recherches- Extrait >. Voir l'intégralité du C.R. de ce séminaire sur le site.

Vu l'importance pratique de ce commentaire pour nos actions, je le partage ici en entier, avec ses citations:

"Tommaso Padoa-Schioppa rappelle que personne ne voudrait, en Europe, de nos jours, que le pouvoir politique s’empare des domaines de la culture et de l’identité. Cela pose un vrai problème, car la question identitaire est devenue une question qui influence les attitudes politiques, alors même que cette question ne peut être livrée au domaine de la politique. Un point de vue partagé par Tzvetan Todorov lorsqu’il affirme que l’on ne peut confier aux décideurs la tâche d’asséner une identité aux Européens. Le travail de construction de l’identité européenne ne peut qu’être confié à la société civile. Or celle-ci n’agit pas par décrets et par lois, elle se construit au travers de l’éducation, de la conviction. C’est donc à chacun, professeur, syndicaliste ou homme des médias, de prendre au sérieux ce rôle d’éducation. Et Tommaso Padoa-Schioppa de conclure les débats en appelant chacun des participants à faire preuve de pédagogie, à prendre au sérieux son rôle politique d’illustration, en tant que penseur, et non en tant que gestionnaire du pouvoir" .             

Or, dans ce Groupe, nous sommes convaincus que, pour faire "bouger" l'Europe dans le bon sens (= plus d'humanisme pour éviter un retour à des conflits barbares), il faut d'abord susciter cette identité, construite autour des différences de nos régions et à travers la curiosité, la connaissance et l'appréciation des génies propres à toutes ces cultures, seule manière de remplacer les communautarismes caricaturaux, chauvins, voire racistes, par un désir de connaître l'Autre et de l'associer à nos efforts de créativité pour une nouvelle société.

Aujourd'hui, pour reprendre le concept défendu par notre ami Marco Morra, nous vivons dans une monde de "SPECTACLE". En plus de l'engagement individuel de chacun, cette "pédagogie" citoyenne ne peut donc atteindre ses objectifs qu'au travers de larges réseaux sociaux internationaux capables de mobiliser des performances évènementielles (type "happenings" et "mass-moving") et ce dans toute l'Europe, part dessus les barrières linguistiques.

Nous appelons donc à la collaboration de tous ceux qui sont capables de nous aider aux traductions de nos textes et volontaires pour mettre en chantier ne fut-ce qu'un chapitre, voire seulement quelques pages.

MAIS QU'EST-CE QUE L'IDENTITÉ NATIONALE ?

Claude Zylmans a publié sur FaceBook, le 9 janvier 2013 : « L’identité n’est pas comme voudrait le croire Jean-Loup Amselle, une donnée inaltérable. C’est, encore une fois, une construction sociale. Il faut le marteler : elle est le produit contingent d’une société qui ne cesse de se transformer. L’identité nationale ne peut pas être un patrimoine. Politique, elle s’invente dans les conflits qui traversent une société et ne peut ainsi qu’être problématique. Une stratégie de pouvoir, assurément, une ressource idéologique face à la soustraction républicaine dans les cités, non un argument d’autorité. Il n’y a pas de prêt-à-porter identitaire, de blouse d’écolier dont on forcerait tous les gamins de France à se parer ! Le socle identitaire est affaire de négociations, car l’identité ne peut être qu’un projet, bâti au terme de négociations qui ne peuvent pas ne pas poser la question du Pouvoir. Joël Jégouzo, à propos de L’ethnicisation de la France, de Jean-Lou Amselle (Éditions Lignes, août 2011) »

(les soulignés en gras sont de nous)

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