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CROISSANCE: Solution ou Problème?

Rédigé par Sortir de la CRISE par le HAUT

La CROISSANCE est présentée par nos gouvernants comme la solution à la crise (malgré qu'elle se dérobe de mois en mois). Or, depuis 1968, de nombreux experts affirment et montrent que la CROISSANCE est surtout une des principales sources de cette "Crise"... car elle est peut-être une "fausse" croissance et cache les pièges de l'inflation, de la valeur fictive de l'argent et de la stupidité fondamentale (et criminelle) des placements de spéculation qui n'ont rien à voir avec les investissement productifs qui aident à produire de la vraie richesse.

À propos d'un article de Terraeco.net dont nous avons donné la référence sur notre Groupe Facebook "Sortir de la Crise" , nous avons promis de publier ici les pages 136 à 142 de notre livre (Éditions de la Hutte), pages qui soulignent ce problème.

Les voici donc:

Revoir le sens de « la croissance »

On ne pourra pas « inventer » une Économie sociale nouvelle et humaniste sans aborder de face le problème de la croissance. Plus encore que l’argument écologique, sérieux mais pas seul en jeu, la limitation de la croissance est probablement inévitable pour une raison purement physique ou simplement comptable.

Non, l’inégalité des revenus n’enrichit pas les pauvres, comme certains ont osé l’écrire ! Mais, par contre, il apparaît de plus en plus que seule cette inégalité de revenus entre les grandes régions du monde a permis l’apparence d’un développement continu (cette fameuse « croissance », très mal définie) dans les pays dominateurs.

En effet, dans un système fermé (comme dans la mondialisation actuelle), on évolue vers une entropie 1 économique croissante (nivellement des niveaux de vie) et le développement continu devient donc impossible, sauf à constamment recréer ou tolérer de nouvelles différences nées des guerres, des crises locales, des décadences régionales.

Tout au long de ma carrière, dans plus de soixante pays, j’ai été frappé par le fait que l’activité économique, comme elle est conçue dans les pays «développés » (principalement industrie, commerce et services), est fortement facilitée par la coexistence, proche ou lointaine, de niveaux de vie différents. Au point qu’on pourrait penser que le second principe de thermodynamique est applicable, mutatis mutandis, à l’Économie et aurait pour conséquence qu’on ne peut pas, par le commerce, créer des richesses d’un côté sans créer d’appauvrissement d’un autre côté. Dans ce cas, abstraction faite de l’agriculture et autres utilisations de l’énergie solaire (directe ou indirecte, elle représente un apport d’énergie extérieur au système planétaire), la globalisation qui fait de la planète un système fermé entraîne qu’il ne peut y avoir de développement économique que prédateur.

En appliquant les principes de la thermodynamique à l’Économie, il est clair, en effet, que le développement économique fut prédateur durant des siècles : historiquement la richesse provient de la razzia, de l’exploitation de ressources naturelles, de l’impôt ou d’une forme de soumission de certains au profit des autres. Encore aujourd’hui, on voit clairement la production par des classes à faible niveau de vie pour des consommateurs d’un niveau de revenus (au moins un peu) supérieur.

Les exemples innombrables sautent à l’esprit, des richesses de l’Empire romain jusqu’au phénomène récent des délocalisations.

Pour analyser les possibilités d’une Économie sans « croissance », il est indispensable de comprendre les bases fondamentales de l’Économie qui relèvent des lois physiques de l’énergie et des principes de l’anthropologie sociale alors que la plus grande part de nos « économistes » se contentent de disséquer et théoriser les variations en aval des principes de la monétarisation, de l’acceptation de l’intérêt sans entreprise et des équilibres entre offre et demande de marchandises.

Il nous faut donc bien réfléchir et inventer une économie sans fausse croissance puisque, dans notre monde global, une croissance constante ne pourrait être possible qu’au prix d’une persistance de la barbarie de l’exploitation de l’homme par l’homme. Et, pour commencer, réveiller, avec respect, les idéaux qui ont accouché du Club de Rome.2.

Mais qu’est devenu le Club de Rome ? Dès 1968, ses membres innovaient en introduisant les concepts de développement durable et d’empreinte écologique. Son rapport de 1972 s’appelait déjà Halte à la croissance ! Pourquoi n’a-t-il pas convaincu? L’a-t-on occulté? Comment reprendre son analyse, l’affiner et la pousser plus loin ? Tout n’est pas perdu : le Japan prize a été attribué, en 2009, à Dennis Meadows pour « avoir montré, dans son rapport au Club de Rome, Les limites de la croissance (1972), l’impérieuse nécessité du développement durable ».

Avant tout, pour respecter la complexité du problème, comment distinguer une croissance positive pour le bien-être de tous les humains de la planète, et la croissance qui accentue ou exploite les différences de dignité humaine, cette fausse croissance qui n’est que le reflet des tricheries organisées sur la vraie valeur des choses, des salaires, des monnaies, des promesses à terme, etc.

Il ne s’agit pas ici de rêver d’utopies idéalistes, l’humanité est et restera une des formes du monde animal, avec ses concurrences, ses dominances, ses luttes naturelles pour la survie des individus, des génomes, des communautés et de leurs cultures.

Mais cela ne doit pas nous empêcher de travailler à des « civilisations » qui, par contrats sociaux, par pédagogie et par éthique culturelle, continueront à contenir la barbarie et à promouvoir l’humanisme.

Ne faut-il donc pas introduire, à propos de cette croissance aussi, une dichotomie entre les systèmes existants et les tentatives d’élever le débat, comme l’initiative bhoutanaise de mesurer un B.I.B., « bonheur intérieur brut » ?

Voilà le vrai défi des humanistes de notre temps. Très loin des manipulations politiciennes et du populisme facile qui semble le seul programme des politiciens dont l’objectif s’arrête à leur réélection.

1 Entropie: perte d'énergie progressive d'un système.

2 voir: http://www.clubofrome.org

et aussi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome

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